Histoire de Bergerac …
Si on vous dit « Bergerac », que répondez-vous ? « Cyrano », probablement. Grâce à Edmond Rostand, tout le monde connaît Cyrano de Bergerac. Le vrai était toutefois un écrivain du XVII° siècle, né à… Paris.
Bergerac, s’est montrée bon enfant en adoptant Cyrano et en lui élevant même une statue !
Un peu d’histoire
Le nom de Bergerac viendrait d’une villa gallo-romaine « Bracarius ». En occitan, on
la nomme Bragueira.
Dès le 12° siècle,
la ville est un carrefour commercial et intellectuel.
Lors des guerres de religion, elle devient
la capitale intellectuelle des protestants. Elle compte au XVII° siècle, 6 000 protestants, dont de nombreux marchands et négociants. En 1577, le roi de Navarre et Henri III concluent un traité de paix à Bergerac, prémisses à l’Edit de Nantes qui ramènera
la paix religieuse en France. Surnommée «
la Petite Genève », elle est l’une des places fortes accordées par l’Edit de Nantes.
A
la Révolution française, elle perd son statut de capitale du Périgord, au profit de Périgueux qui devient
la préfecture.
Bergerac trouve son origine dans l’existence d’un château, construit à
la fin du XIème siècleen bord de Dordogne, qui attire une population jusqu’alors dispersée dans
la plaine.
Le bourg castral grandit pour devenir étape de voyageurs, pèlerins et marchands, un siècle plus tard. L’édification de l’église St Jacques et d’un hôpital confirme cette extension. Au XIIIème siècle, le développement de
la viticulture et
la croissance du commerce donnent lieu à
la construction d’un pont sur
la Dordogne. Engagée dans le mouvement municipal,
la ville acquiert libertés et franchises, conditions de sa fortune, puisqu’elle peut désormais exporter ses vins. L’agglomération s’étend et déborde par des faubourgs où s’installent des couvents d’ordre mendiant. Les terres céréalières arrivent aux portes de
la ville tandis que
la vigne domine sur les coteaux dès cette époque.
Au milieu du XIVème siècle,
la cité est surprise par
la Guerre de Cent ans mais elle parvient à se préserver, en tant que ville franche et indépendante, par sa stratégie diplomatique. Elle perd cependant
la moitié de sa population « fiscale ».
Après un redressement démographique, le pouvoir municipal restructure
la vie urbaine et règlemente l’hygiène publique. Avec
la Paix,
la prospérité commerciale revient, mais
la population s’éprend des idées calvinistes.
La paisible cité marchande devient alors une puissante place forte protestante où couvents et églises sont détruits.
Malgré les guerres de Religion,
la population bergeracoise au XVIème siècle mène une paisible et prospère existence à l’abri de ses défenses. L’arrivée de l’imprimerie crée une activité importante à Bergerac, qualifiée alors de « Petite Genève ». L’opulence nouvelle s’exprime dans de beaux programmes architecturaux, dont l’hôtel Peyrarède élevé en 1604. Cette brillante période d’indépendance s’achève avec
la reconquête des villes par Louis XIII. Ouvrant leurs portes aux armées royales, les Bergeracois organisent une entrée solennelle au souverain. Celui-ci fait démanteler les fortifications et construire une citadelle à l’Est de
la ville. Il installe un régiment d’infanterie, constitue une municipalité dévouée et laisse une mission de pères Récollets. Réformés et catholiques cohabitent tant bien que mal jusqu’aux nouvelles persécutions et « dragonnades ». A
la fin duXVIIème siècle,
la révocation de l’Edit de Nantes, sous le règne de Louis XIV vide Bergerac de ses forces vives. Bien souvent, ces élites iront trouver refuge en Angleterre ou en Hollande ; elles y renforceront les liens commerciaux déjà en place avec le vignoble de Bergerac.
Au XVIIIe, sous Louis XV, les conditions de vie de
la population bergeracoise s’améliorent. Les manufactures et
la faïencerie se développent. Trois faïenceries, installées au faubourg de
la Madeleine produisent des articles expédiés jusqu’en Amérique.
Bergerac maintient son rôle de grand marché régional, mais elle ne réussit pas à retrouver son dynamisme passé. Le commerce des vins toujours fructueux, ne bénéficie plus à toutes les couches de
la société mais profite principalement à
la bourgeoisie et aux tonneliers, au nombre de 74 en 1724.
Cependant, au XIXe, l’activité portuaire locale permet un nouvel essor. 150 000 tonnes de marchandises sont acheminées chaque année et 1500 mouvements de bateaux font vivre le port.
La ville se développe au Nord. Mais l’arrivée du chemin de fer entraîne progressivement le déclin et l’abandon du commerce sur les gabarres et
la paupérisation du quartier historique.
Le Phylloxéra marque également un tournant dans l’économie locale. Cette maladie de
la vigne qui, venant d’Amérique, décime le vignoble Bergeracois en 1880, oblige les viticulteurs à replanter sur de meilleures parcelles.
La greffe d’un cep de vignes français sur des racines américaines résistantes au parasite, permet de faire repartir l’activité viticole.
Bergerac Place Pélissière vue générale 6
Au XXème,
la création d’une fabrique d’explosifs et de poudres en 1915, connue sous le nom de« Poudrerie » transforme le paysage de
la ville et fait doubler sa population.
La culture du tabac apporte aussi dès le début du siècle un renouveau économique majeur. En 1927,
la ville voit l’ouverture de l’Institut expérimental du Tabac. Les années de l’après guerre sont prospères et Bergerac devient
la capitale du tabac en France.
La deuxième guerre éclate.
La Résistance organisée localement s’emploie efficacement à acheminer vers l’Espagne les équipages des avions anglais et américains abattus. Elle reçoit de nombreux parachutages et assure
la transmission de renseignements aux forces alliées.
Deux bombardements du terrain d’aviation de Roumanière, le 5 mars 1944 par les américains, et le 18 mars par les Anglais provoqueront des dégâts importants. Plusieurs bâtiments sont alors détruits. Un monument dédié aux résistants et aux victimes de
la déportation a été dressé à leur mémoire, au cœur de
la ville : Place Gambetta.
Bergerac est aujourd’hui une ville active, en perpétuel essor. Le tourisme et
la viticulture sont désormais deux pôles majeurs de son économie.
Bergerac Toits
Sur les gabarres, les visiteurs ont remplacé le vin,
la ville vit désormais au rythme des saisons, agrémentant par toute une palette d’animations estivales sa permanente dynamique commerciale.
Dans le ciel, un ballet régulier d’avions gros porteurs témoigne de l’explosion du trafic, qu’a connu depuis 2003, l’aéroport Bergerac Dordogne Périgord. Depuis l’ouverture de l’aérodrome de « Roumanières » en 1934, c’est une sacrée évolution : les compagnies aériennes relient aujourd’hui Bergerac à de nombreuses villes britanniques (Londres, Edinbourg, Bristol, Liverpool, Nottingham, Birmingham, Exeter, Southampton,) et nord-européennes (Bruxelles-Charleroi et Rotterdam) sans oublier Paris. Le lien historique avec le Nord de l’Europe se prolonge ainsi de manière inattendue.
La ville actuelle offre un savant mélange fait d’innombrables témoignages du passé et de modernité. Une modernité qui s’exprime au travers d’entreprises à
la pointe de leur technologie comme dans les très nombreux spectacles et expositions qui jalonnent chaque année. Un passé bien vivant à travers l’architecture des maisons et des ruelles de
la vieille ville que vous aurez le plaisir de découvrir par vous-même ou accompagné d’un guide de l’Office de Tourisme.